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Le syndic, désignation et changement
Toute copropriété doit avoir un syndic, mais
celui-ci peut être un professionnel, ou non. Dans ce dernier cas, on
parle souvent de syndic bénévole, même si cette expression
n'est pas totalement appropriée. Le syndic "bénévole", qui
a les mêmes fonctions que le professionnel :
Comme tout copropriétaire, vous serez
un jour tenté de vous passer de syndic professionnel et de faire appel
à un syndic bénévole, qui, précision importante, ne
peut être choisi que parmi les copropriétaires.
L'expérience de ceux qui ont franchi le pas montre que cette solution
n'est envisageable que dans les petites copropriétés, celles qui
ne comptent pas plus de 10 ou 15 lots ou dans les copropriétés
familiales. Dans les autres situations, quand on fait le total de ce qui
relève de l'action La quasi-totalité des copropriétés
fonctionnent avec un syndic professionnel. Celui-ci est alors soumis aux
dispositions de la loi du 2 janvier 1970 (dite loi Hoguet), et doit notamment
être titulaire d'une carte professionnelle. Cette carte,
délivrée par la préfecture, atteste notamment que le
syndic est titulaire d'une assurance professionnelle, qu'il dispose d'une
garantie financière, qu'il possède les compétences
requises par la législation, et enfin qu'il n'a pas fait l'objet de
condamnations pénales. Evidemment, si l'on opte pour le syndic
bénévole, aucune de ces obligations ne s'applique à lui :
la copropriété aura alors tout intérêt à
souscrire une assurance de responsabilité destinée à
couvrir les éventuels préjudices qui pourraient résulter
d'une gestion défectueuse ou d'une faute commise par le syndic dans
l'exercice de ses fonctions. Avant d'élire un syndic pour la
première fois, n'hésitez pas à vous assurer qu'il est bien
titulaire de la carte professionnelle et des assurances et garanties
obligatoires : demandez lui pour cela de vous fournir une photocopie de ces
documents. Toute copropriété, même la plus petite,
doit être pourvue d'un syndic. Celui-ci, qu'il soit professionnel ou
non, est en principe élu par l'assemblée générale
à la majorité des voix de tous les copropriétaires ou
majorité de l'article 25. C'est à cette même
majorité que le syndic peut être révoqué. Dans les immeubles neufs qui sont mis en
copropriété, le syndic est en principe désigné
directement par le règlement de copropriété. Il peut
s'agir, ce qui est souvent le cas, du promoteur. Ce syndic provisoire
gère alors l'immeuble comme un autre syndic, mais il a l'obligation, au
plus tard dans l'année qui suit la création de la
copropriété, de convoquer une assemblée
générale qui pourra soit confirmer ce syndic dans ses fonctions
(si lui même est "candidat"), soit élire un nouveau syndic. S'il
ne convoque pas d'AG au terme de cette première année, son mandat
prend fin de plein droit et tout copropriétaire peut alors demander au
tribunal de grande instance la nomination d'un syndic judiciaire. Bien que les situations soient différentes, dès
que le syndic n'est plus en mesure d'assumer ses fonctions, qu'il en est
empêché (accident, maladie, liquidation judiciaire, …), ou
que l'assemblée générale n'a pu se mettre d'accord sur le
choix d'un syndic, tout copropriétaire peut demander au président
du tribunal de grande instance de procéder à la nomination d'un
syndic ou d'un administrateur provisoire. La principale mission de celui-ci
consistera alors à gérer les affaires courantes et à
remettre la copropriété sur "ses rails" en convoquant une AG qui
devra se prononcer sur la désignation d'un nouveau syndic. Le mandat du syndic élu par l'AG est de 3 ans maximum,
mais il n'y a pas de limite à son renouvellement. Tant que les deux
parties sont d'accord (le syndic et la copropriété réunie
en AG), ce mandat peut donc être renouvelé. La durée du
mandat doit évidemment figurer "noir sur blanc" dans le contrat du
syndic soumis et voté par l'AG. Le plus sûr est d'indiquer
également la date de début et la date de fin, au moyen d'une
formule du type "le syndic est nommé pour une durée de …
année(s), qui commencera le … pour se terminer le …"
Le renouvellement du contrat de syndic ne peut pas être
automatique ; il doit être décidé par un vote de
l'assemblée générale réunie avant la date
d'échéance du contrat. Et lors de ce renouvellement, les
conditions du contrat peuvent faire l'objet d'une renégociation. Si vous faites appel à un nouveau
syndic, il peut être judicieux de prévoir un mandat limité
à une année, de manière à "tester" ce syndic, avant
de s'engager avec lui pour une période plus longue. La rémunération du syndic est fixé librement
entre les copropriétaires et lui-même. Elle doit faire l'objet
d'un vote de l'assemblée générale qui se prononce à
la majorité simple De toute façon, lorsqu'elle doit se prononcer sur la
désignation du syndic, l'assemblée générale doit
recevoir, au plus tard en même temps que l'ordre du jour, un projet de
contrat comportant un décompte détaillé des honoraires
auxquels peut prétendre le syndic. Ce décompte doit faire
ressortir le montant total de ces honoraires, ainsi que la répartition
selon les différents types de rémunération : honoraires de
gestion courante et autres honoraires de gestion le cas échéant,
assiette des honoraires à percevoir en cas de travaux exceptionnels et
autres honoraires pour prestations particulières notamment. Même
si cela peut vous paraître un peu fastidieux, vous devez prendre le
temps de lire et "d'éplucher" toutes les clauses du contrat (de celle
relative aux frais de photocopies à celle relative aux frais sur
travaux) qui sera soumis à l'AG, pour savoir à quoi votre
copropriété va s'engager : n'hésitez pas à demander
des précisions, à faire supprimer des clauses qui vous semblent
peu claires, voire abusives, etc. Ce genre de mission peut d'ailleurs tout
à fait être prise en charge par le conseil syndical. La rémunération du syndic constitue une
charge générale Le syndic est lié à la copropriété
par un contrat de mandat, et non par un contrat de travail (il n'est pas son
salarié). Comme tout mandat, celui du syndic peut être
révoqué, à tout moment ; de son côté, le
syndic peut aussi démissionner. Mais dans tous les cas, certaines
règles doivent être observées, pour éviter tout
litige. La façon la plus simple de changer de syndic est de ne
pas renouveler le mandat du titulaire en place, à
l'échéance de son mandat. Il faut simplement veiller alors
à désigner, au cours de l'AG qui marque la fin du mandat du
syndic actuel, un nouveau syndic, puisque toute copropriété doit
avoir un syndic. Donc, en résumé, si vous décidez de ne
pas renouveler votre syndic actuel, vous devez vous y préparer à
l'avance, trouver un nouveau syndic, vous mettre d'accord avec lui sur les
conditions de son mandat (notamment ses honoraires), et lui demander de
préparer un contrat qui devra être soumis au vote de l'AG. Le
plus simple est que le conseil syndical se charge de toute cette recherche,
sachant en dernier lieu, que ce sera à l'assemblée
générale de voter. Lorsqu'il y a un changement de syndic, pour
quelque raison que ce soit, l'ancien syndic doit, dans le mois de la cessation
de ses fonctions, transmettre à son remplaçant les documents de
la copropriété en sa possession ainsi que tous les fonds
immédiatement disponibles. Dans les deux mois qui suivent, il devra lui
remettre le solde des fonds et lui fournir un état précis des
comptes de la copropriété et des copropriétaires. Il peut arriver que les copropriétaires souhaitent se
séparer de leur syndic alors que son mandat n'est pas encore
arrivé à échéance. Par exemple, le mandat du syndic
est de 3 ans (ce qui est le maximum rappelons le), et la
copropriété souhaite, au terme de la première
année, y mettre fin.
Afin d'éviter que la
copropriété ne soit dépourvue de syndic, il faut
prévoir, lors de l'AG qui va voter la révocation du syndic
actuel, l'élection d'un nouveau syndic. Ce qui suppose, comme en cas de
non-renouvellement du mandat, que les copropriétaires aient
déjà réfléchi à la question. De son côté, le syndic est libre de
démissionner, sans que la copropriété puisse s'y opposer.
Celle-ci pourra toutefois obtenir des dommages-intérêts si cette
démission se fait dans des conditions telles qu'elle porte atteinte
à la bonne marche de la copropriété : ce sera le cas par
exemple si le syndic démissionne de manière brutale, avec effet
immédiat et sans avoir préparé la suite. Idéalement, le syndic qui envisage de
démissionner devrait :
Pour éviter de se retrouver sans
syndic, les copropriétaires ont intérêt de faire
insérer dans le contrat de leur syndic une clause par laquelle celui-ci
s'engage, en cas de démission, à prévenir les
copropriétaires à l'avance, et à organiser la convocation
et la tenue de l'AG (ou des AG) qui sera chargée de désigner son
remplaçant. Si le syndic s'est démis de ses fonctions sans avoir
préalablement convoqué une assemblée
générale pour désigner son remplaçant, n'importe
quel copropriétaire peut demander au président du TGI de
désigner un administrateur provisoire chargé notamment de
convoquer l'assemblée en vue de désigner un nouveau
syndic.
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